24 décembre 2005
Premier Recueil des CR : L'avènement des Robots
Les Chroniques Robotiques est un chantier qui dépasse l'entendement de simples humains.
Il existe plusieurs cycles ou recueils, chacun comprenant une dizaine d'histoires.
Cependant, il faut bien commencer par un bout et le premier recueil : L'avènement des Robots est un bon début pour se plonger dans une nouvelle vision de notre futur aux côtés de nos machines.
10 textes sont prévu pour ce premier recueil. Ils ne sont pas indépendants.
Leur but est aussi de vous amener à réfléchir sur ce que vous attendez des Robots, pourquoi on peut finir par avoir peur d'eux. Car même si ce ne sont que des histoires sorties de mon imagination, si jamais nous nous retrouvons face à ces situations, quels seront alors nos choix ?
15 janvier 2006
Le Retour des PCR et DCR
Il y en a qui n'ont peut-être jamais lu de Chroniques Robotiques. (Note inutile de moi : C'est quand même une honte !) Rassurez-vous, vous n'avez besoin de rien pour lire ce blog ci. Je vais reprendre les bases.
Maintenant, ceux qui ont eu le plaisir (Note inutile de moi: l'immense joie, l'honneur suprême !) de lire la PCR et la DCR sur CubeArea, ne ralez pas trop vite. Je vais effectivement remettre la Première Chronique Robotique et la Deuxième mais... corrigées. Je ne parle pas que des fautes d'orthographes ! Certains points maladroits ont été revus et améliorés. Bien sûr vous pouvez trouvé ca complétement inchangé, ou encore plus nul (Note inutile de moi : Attention ! Le premier qui me sort ça je lui crame son pc de mon canapé.) Donc j'attends vos commentaires de félicitations et de louanges. (Note de inutile de moi : Parfaitement ! Des éloges !)
16 janvier 2006
DCR : La Deuxième Chronique Robotique
Le grésillement des transformateurs mis sous tension fit frémir d’excitation les deux jeunes roboticiens. Ce soir marquerait pour eux la fin d’une ère de recherches et de tâtonnements et le début d’une ère de gloire et de richesse. Du moins, c’est ce que pensait de tout son être Marc. Simon, son collègue quant à lui n’y avait vu qu’un jeu dangereux, un passionnant passe temps risqué à cause des « emprunts » dans les fabriques de la Compagnie. Mais ce soir, leur création, leur premier prototype entièrement original des programmes de déplacements jusqu’au corps métallique, allait enfin prendre vie.
Marc s’était plutôt consacré à tout ce qui touchait la programmation tandis que Simon s’était occupé du « corps ». Ce dernier avait tenu à ce que Kurt (ils avaient décidé de L’appeler ainsi) ressemble le plus possible à un être humain. Il avait pour cela dérober pratiquement au péril de sa « vie professionnelle » deux globes oculaires dernier cri, sans parler d’autres articles plus complexes à décrire mais tous aussi importants pour la réalisation d’un corps artificielle inoxydable proche de celui d’un être humain.
-Que va-t-il pouvoir nous dire en premier ! S’exclama Simon.
-Normalement un « Bonjour ». On va bien voir ce que donne ma structure informatique. Répondit Marc en souriant. Il ne quittait pas des yeux les lignes de codes sur son ordinateur portable. Simon regardait avec amour le petit corps argenté de la taille d’un enfant de 8 ans. C’était presque comme un « fils » pour lui ; malgré les quelques fils étranges qui débordaient au niveau de la taille.
« Allez c’est parti, j’entre les dernières corrections, ça va être à toi de jouer Kurt ! »
Tout était prêt. Quelques longues secondes d’angoisse suivirent après le dernier « enter ». Puis, comme dans un rêve, enfin Ses yeux bougèrent.
Bonsoir. Les deux roboticiens demeurèrent pétrifiés un instant. La voix était caverneuse et c’est sûrement parce qu’elle leur était familière –Simon s’était enregistré- qu’ils ne bronchèrent pas pendant plusieurs minutes. Puis la surprise fit place à la joie. « C’est incroyable, il a analysé an en milliardième de seconde qu’il faisait nuit pour nous saluer de la meilleur manière ! » S’enthousiasma Simon. Marc acquiesça en souriant.
« Bonjour Kurt, moi c’est Simon et là c’est Marc. » Il avait parlé comme on parle à un enfant de 4 ans. Le robot tourna la tête lentement vers Marc et revint sur Simon.
« Peux-tu exécuter quelques mouvements Kurt s’il te plait. »Continua Simon. Le petit robot fit un pas et leva un bras. Marc sourit davantage.
« La synchronisation est parfaite. Très beau travail Simon, il fonctionne parfaitement.
-Toi aussi tu as ta part de mérite. Sans ton travail et ton génie rien ne pourrait faire bouger un tas de ferraille pareil. » Marc le regarda les yeux brillants puis ils éclatèrent de rire tous deux au même moment.
« C’est bon Kurt, tu peux baisser le bras » Réussit à articuler Simon. Le robot s’exécuta. Puis fit encore quelques pas. Marc. Simon. Les deux finirent par s’arrêter de pouffer pour se tourner vers ce dernier.
-Qu’ y a-t-il Kurt ? Demanda Simon avec un sourire bienveillant.
-Où est Linda ?
-Qui ? S’étouffa Marc dans un murmure.
Plus de sourires. Stupéfaction. Simon pensa d’abord à une blague de la part de son ami mais celui-ci était aussi très surpris. Pouvait-il s’être trompé ? C’était un nom de femme. Une de ses ex ? Une amie ? Ou un grave défaut de conception ? Impossible, Marc était le meilleur. Il ne pouvait que l’avoir fait exprès. Mais quoi alors ? Il s’apprêtait à l’interroger lorsque Marc se mit à parler avec une voix tremblante au robot.
« -Il n’y a pas de Linda, Kurt. Le robot le fixa un instant avec ses yeux globuleux puis répéta où est Linda ?
-Mais qu’est ce qu’il lui prend ? Demanda Simon soudain angoissé.
-Ecoute Kurt, Linda n’existe pas.
-Mais enfin c’est quoi cette histoire ?
-Calme toi Simon, c’est un reste d’un ancien programme que je pensais avoir effacé.
-Que tu pensais ? Mais t’es malade ! On ne fait pas de la Robotique comme on fait du bricolage dans son garage. S’il est persuadé que Linda existe, je te laisse deviner ce qu’il pourrait aussi croire !
-Ce n’est rien, je t’assure…
-Où est Linda ?
-Parce que t’appelle ça rien, toi ? Il ne t’écoute même pas.
-Ok ok, on va tout recommencer calmement Simon…
-TU vas tout recommencer Marc, moi j’ai fait mon boulot. C’est toi qui as merdé.
-Où est Linda ? »
Un long silence suivit. Simon faisait les cent pas dans l’atelier faiblement éclairé. Seuls l’écran du portable de Marc et une petite lampe de bureau tourné vers le robot diffusaient une faible lumière. Le reste du bâtiment était désert. Les deux roboticiens attendaient bien évidement d’être entièrement seuls pour se livrer à leur petit jeu. Car il faut bien l’avouer, Marc et Simon n’auraient jamais pu concevoir un robot légalement au sein de La Compagnie. Leur intelligence et leurs capacités avaient été jugées insuffisantes pour occuper véritablement un poste de Roboticien-Créateur. Ils étaient chargé tous deux de la réparation des robots produits et commercialisés par la Compagnie et corriger ainsi leurs défauts. Marc se massait lentement les tempes du bout des doigts.
« -Très bien tu veux vraiment savoir ce qui se passe ? » Reprit Marc. Simon se figea et acquiesça de la tête. « Voila, la base de ma structure de programmes n’est pas de moi. C’est une certaine Linda qui l’a crée. » Simon écoutait, abasourdi. « Cette dernière est morte il y a deux ans environs dans l’un incendie de sa maison. On a rapporté les restes de son ordinateur et j’ai été chargé de retrouver certains fichiers très importants ou confidentiels. C’est là que j’ai trouvé et reconstitué le programme de Kurt. En l’améliorant bien sûr.
-Tu veux dire qu’on utilise le travail d’une autre ? T’es vraiment qu’un salaud Marc ! C’est dégueulasse, je suis pas un misérable voleur qui pense qu’au fric.
-Tais-toi ! J’en ai besoin moi de ce fric. Je m’en tape complètement de ce que tu peux penser.
-Tu t’en tapes ? Ben voyons, regarde le résultat ! Tu ne sais pas comment régler le problème. T’as finalement aucun contrôle sur cette chose, et personne ne sera dupe. Assez jouer. Je me tire, tu me dégoûtes. T’a foutu deux ans de boulot et de confiance en l’air avec tes conneries. Adieu. » Simon pivota rageusement et se dirigea vers la porte.
« -Tu fais une grosse erreur ! Hurla Marc dans son dos. Vraiment grosse, tu sais pas ce que tu vas perdre mon vieux. » Le coup de feu retentit comme une insulte au silence régnant à quatre heures du matin. Simon s’étala parterre, gémit de douleur (ou bien était-ce de la surprise) quelques instants avant de s’éteindre baigné de son sang.
« -Je t’avais prévenu, je t’avais prévenu… » Répétait Marc. Il tourna la tête vers l’objet du meurtre. Marc se figea. Kurt avait disparu. Il se leva d’un bond. « Kurt ? Kurt ! » Appela-t-il désespérément. Soudain l’obscurité devint plus menaçante. Il tendit à nouveau son revolver devant lui.Vous avez tué Simon. Vous l’avez tué. La voix caverneuse du mort le fit frémir. Elle semblait provenir du couloir. Marc ne l’avait absolument pas entendu se déplacer. Vous n’aviez pas le droit de le tuer. Vous n’aviez pas le droit. Marc se mit à suer. Il se précipita dans le couloir. Trop sombre. Il alluma la lumière. Les néons se réveillèrent un à un. Personne. Je n’ai pu empêcher ça. Je n’ai pas pu aider. La voie était de plus en plus lointaine. Pardon Linda. Pardon. Marc se mit à courir. Arrêter Kurt devenait une priorité plus qu’urgente. Les couloirs s’illuminaient sur son passage mais toujours personne. Il déboucha dans une vaste salle. C’était l’atelier principal. Il vit enfin Kurt, immobile au milieu de la pièce.
« -C’est fini Kurt, tu ne bouges plus. Dit Marc en maîtrisant les tremblements de sa voix dus à sa course mais aussi à sa peur. Il s’approcha et s’aperçut que Kurt ne fonctionnait plus. Mais enfin, pourquoi…comment est-ce que tu t’es arrêté ? »
-C’est simple, c’est moi qui l’ai éteint.
Marc sursauta, une forme disparut dans l’ombre d’un mur. Il pointa son arme dans sa direction.
-Que…Qui êtes vous ?
-Et vous savez pourquoi ? La voix venait de derrière et Marc se retourna d’un bond, c’est pour qui me laisse faire tranquillement ceci. Deux balles perforèrent en silence le dos de Marc. Il n’eut même pas le temps de sentir la douleur due sa chute. Un homme armé d’un silencieux sortit de l’ombre tandis qu’une femme s’agenouillait devant Kurt.
« -Mon pauvre petit robot, tu dois encore demeurer un secret, quoiqu’il en coûte.» Dit-elle tout en réactivant ce dernier. La seule chose qu’il prononça alors ne fut pas un bonjour ou un bonsoir mais un Linda.
15 février 2006
TCR : Troisième Chronique Robotique
-Allo Stanley ? C’est Dick.
-Salut, comment vas-tu depuis ta dernière raclée au golf ? Tu veux prendre ta revanche je paris ! A moins que tu cherches encore de petites coquines ?
-Non, Stan. C’est pas ça. Je t’appelle de l’Atelier.
-Ah ?! Tu as encore du retard dans la production ? Je sais bien qu’on de bons potes, mais je peux pas continue à sauver ta peau au Conseil d’Administration de La Compagnie.
-Oui, je sais, merci de me le rappeler. Mais ce n’est pas ça non plus. C’est grave Stan. Et je commence sérieusement à me poser des questions.
-Qu’est ce qui se passe ?
-Il se passe que ce matin que ce matin, quand je suis entré dans mon bureau, y avait deux types assis à m’attendre…
-Ouais et alors ?
-Mais laisse moi finir bordel ! C’est deux types, tu vois, ils avaient les yeux grands ouverts et étaient aussi froids qu’un iceberg…
-Quoi ?!
-C’était deux cadavres dans mes beaux fauteuils en cuir Stan ! Je sais pas comment ils sont arrivés là. La Vidéo Surveillance a été déconnectée pendant quatre heures cette nuit.
-T’as prévenu la Police ?
-Me prends pas pour un débutant non plus ! Je sais bien qu’on peut pas trop se permettre ce genre d’incident en ce moment, on nous fait déjà assez de pub…
-T’as prévenu le Chef de la Sécurité ?
-Justement, j’en viens. Ce type, je l’aime pas. C’est un vrai parano. Rien que l’idée d’entendre sa voix me fait plus froid dans le dos que mes deux copains de ce matin. Et puis tu es Directeur Adjoint, il te dira rien toi.
-Très bien, très bien. Je l’appelle et je lui dit de se rendre tout de suite sur place pour nettoyer et enquêter.
-Merci Stan, t’es vraiment un pote.
-Et au fait, c’était qui les deux types ?
-Hum…Un certain Marc je sais plus quoi et…
-Simon ?!
-Heu… Oui il me semble…
-MERDE.
-Tu les connaissais ?
-Je te rappellerais.
Stanley raccrocha crispé. Ainsi Ils continuaient leurs « actions ». Et c’était pas bon pour la Compagnie. Mais surtout pour lui. Il espérait garder son poste bien plus longtemps que ses imbéciles de prédécesseurs. Ils avaient défilé les années, les mois précédents, renvoyés pour fautes professionnelles, défauts de compétences, graves maladies…etc. Il frissonna. Il saisit brusquement à nouveau son téléphone, se réveillant soudain d’un cauchemar :
-M Smith ? Ici Stanley. Nous avons un problème.
-Je vous écoute Monsieur.
-Je voudrais que vous vous rendiez immédiatement à l’Atelier. Ils nous ont encore attaqué et nous provoque ouvertement cette fois-ci. Mettez un peu d’ordre dans tout ça, ces évènements deviennent trop fréquents et particulièrement désagréables. Vous avez carte blanche. Faîtes tous ce qu’il faut pour enterrer cette histoire définitivement.
-Bien Monsieur.
-J’attends votre rapport.
Stanley coupa la conversation sans attendre de réponse. Il se refusa à imaginer comment cet homme allait s’y prendre pour régler cette affaire sans attirer l’attention. Il n’y était pour rien lui après tout si la Police venait à…Stanley se laissa aller en arrière dans son fauteuil et se recala confortablement pour réfléchir. Le Directeur de la Compagnie était certes très vieux et très malade mais loin d’être stupide. Il fallait qu’il gagne à tout prix sa confiance à travers sa ravissante secrétaire peut-être…Mais se rallier à lui c’était se rallier à ses magouilles et prendre le risque d’être mêlé à de sales histoires. Pourquoi pas jouer double jeu ? Il repensa à M Smith, toujours en noir, teint laiteux et froid. Valait mieux être derrière cet homme que devant lui. Il soupira. Va pour le vieux et son conseil d’administration de tarés. Mais sa conscience le tiraillait. Ils avait appris de choses qui ferait frémir les plus pourris de ce monde, en partant du flic au politique véreux en passant par les utopistes de sociétés idéales. Il savait qu’on le prenait pour un jeune ambitieux prêt à tout mais à vrai dire c’était un peu ce qu’il était. Tant qu’il avait un bon salaire, de belles filles et de belles voitures Stanley se posait peu de questions. Mais cette histoire d’Académie devenait un peu énorme et des gens y restaient. Les pressions commerciales et politiques ne semblaient pas gêner cette entreprise. Jusqu’où cela irait-il ? Ces gens étaient-ils à la solde de concurrents ? Des idéalistes ayant découverts la vérité ? Et lui-même, était-il au courant de tout ? Bien sûr que non, par exemple cette liste. Une liste de noms, de personnes travaillant à tous les niveaux de la Compagnie, qu’il faut à tout prix surveiller étroitement, protéger à tout prix. Pourquoi ? Mystère, en tout cas elles en avaient besoin car toutes celles décédées à ce jour dans des conditions étranges, Marc et Simon compris, faisaient parti de cette liste.
Le téléphone sonna soudain. Stanley sursauta. Il décrocha rapidement.
-Monsieur Stanley Graps ?
-Oui...
-Ici, la secrétaire du Directeur. Il aimerait vous voir.
-Tout de suite ?
-Oui, c’est urgent il a dit. Il vous attends avec M. Smith.
-Je… J’arrive.
Stanley eut une sueur froide. Qu’est ce qu’on lui réservait encore ? Il voulait juste être pépère tranquille. Pas d’embrouilles ou de coups tordus. Il quitta son bureau avec regrets et espérait le revoir un jour.