15 février 2006
TCR : Troisième Chronique Robotique
-Allo Stanley ? C’est Dick.
-Salut, comment vas-tu depuis ta dernière raclée au golf ? Tu veux prendre ta revanche je paris ! A moins que tu cherches encore de petites coquines ?
-Non, Stan. C’est pas ça. Je t’appelle de l’Atelier.
-Ah ?! Tu as encore du retard dans la production ? Je sais bien qu’on de bons potes, mais je peux pas continue à sauver ta peau au Conseil d’Administration de La Compagnie.
-Oui, je sais, merci de me le rappeler. Mais ce n’est pas ça non plus. C’est grave Stan. Et je commence sérieusement à me poser des questions.
-Qu’est ce qui se passe ?
-Il se passe que ce matin que ce matin, quand je suis entré dans mon bureau, y avait deux types assis à m’attendre…
-Ouais et alors ?
-Mais laisse moi finir bordel ! C’est deux types, tu vois, ils avaient les yeux grands ouverts et étaient aussi froids qu’un iceberg…
-Quoi ?!
-C’était deux cadavres dans mes beaux fauteuils en cuir Stan ! Je sais pas comment ils sont arrivés là. La Vidéo Surveillance a été déconnectée pendant quatre heures cette nuit.
-T’as prévenu la Police ?
-Me prends pas pour un débutant non plus ! Je sais bien qu’on peut pas trop se permettre ce genre d’incident en ce moment, on nous fait déjà assez de pub…
-T’as prévenu le Chef de la Sécurité ?
-Justement, j’en viens. Ce type, je l’aime pas. C’est un vrai parano. Rien que l’idée d’entendre sa voix me fait plus froid dans le dos que mes deux copains de ce matin. Et puis tu es Directeur Adjoint, il te dira rien toi.
-Très bien, très bien. Je l’appelle et je lui dit de se rendre tout de suite sur place pour nettoyer et enquêter.
-Merci Stan, t’es vraiment un pote.
-Et au fait, c’était qui les deux types ?
-Hum…Un certain Marc je sais plus quoi et…
-Simon ?!
-Heu… Oui il me semble…
-MERDE.
-Tu les connaissais ?
-Je te rappellerais.
Stanley raccrocha crispé. Ainsi Ils continuaient leurs « actions ». Et c’était pas bon pour la Compagnie. Mais surtout pour lui. Il espérait garder son poste bien plus longtemps que ses imbéciles de prédécesseurs. Ils avaient défilé les années, les mois précédents, renvoyés pour fautes professionnelles, défauts de compétences, graves maladies…etc. Il frissonna. Il saisit brusquement à nouveau son téléphone, se réveillant soudain d’un cauchemar :
-M Smith ? Ici Stanley. Nous avons un problème.
-Je vous écoute Monsieur.
-Je voudrais que vous vous rendiez immédiatement à l’Atelier. Ils nous ont encore attaqué et nous provoque ouvertement cette fois-ci. Mettez un peu d’ordre dans tout ça, ces évènements deviennent trop fréquents et particulièrement désagréables. Vous avez carte blanche. Faîtes tous ce qu’il faut pour enterrer cette histoire définitivement.
-Bien Monsieur.
-J’attends votre rapport.
Stanley coupa la conversation sans attendre de réponse. Il se refusa à imaginer comment cet homme allait s’y prendre pour régler cette affaire sans attirer l’attention. Il n’y était pour rien lui après tout si la Police venait à…Stanley se laissa aller en arrière dans son fauteuil et se recala confortablement pour réfléchir. Le Directeur de la Compagnie était certes très vieux et très malade mais loin d’être stupide. Il fallait qu’il gagne à tout prix sa confiance à travers sa ravissante secrétaire peut-être…Mais se rallier à lui c’était se rallier à ses magouilles et prendre le risque d’être mêlé à de sales histoires. Pourquoi pas jouer double jeu ? Il repensa à M Smith, toujours en noir, teint laiteux et froid. Valait mieux être derrière cet homme que devant lui. Il soupira. Va pour le vieux et son conseil d’administration de tarés. Mais sa conscience le tiraillait. Ils avait appris de choses qui ferait frémir les plus pourris de ce monde, en partant du flic au politique véreux en passant par les utopistes de sociétés idéales. Il savait qu’on le prenait pour un jeune ambitieux prêt à tout mais à vrai dire c’était un peu ce qu’il était. Tant qu’il avait un bon salaire, de belles filles et de belles voitures Stanley se posait peu de questions. Mais cette histoire d’Académie devenait un peu énorme et des gens y restaient. Les pressions commerciales et politiques ne semblaient pas gêner cette entreprise. Jusqu’où cela irait-il ? Ces gens étaient-ils à la solde de concurrents ? Des idéalistes ayant découverts la vérité ? Et lui-même, était-il au courant de tout ? Bien sûr que non, par exemple cette liste. Une liste de noms, de personnes travaillant à tous les niveaux de la Compagnie, qu’il faut à tout prix surveiller étroitement, protéger à tout prix. Pourquoi ? Mystère, en tout cas elles en avaient besoin car toutes celles décédées à ce jour dans des conditions étranges, Marc et Simon compris, faisaient parti de cette liste.
Le téléphone sonna soudain. Stanley sursauta. Il décrocha rapidement.
-Monsieur Stanley Graps ?
-Oui...
-Ici, la secrétaire du Directeur. Il aimerait vous voir.
-Tout de suite ?
-Oui, c’est urgent il a dit. Il vous attends avec M. Smith.
-Je… J’arrive.
Stanley eut une sueur froide. Qu’est ce qu’on lui réservait encore ? Il voulait juste être pépère tranquille. Pas d’embrouilles ou de coups tordus. Il quitta son bureau avec regrets et espérait le revoir un jour.
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