24 décembre 2005
Premier Recueil des CR : L'avènement des Robots
Les Chroniques Robotiques est un chantier qui dépasse l'entendement de simples humains.
Il existe plusieurs cycles ou recueils, chacun comprenant une dizaine d'histoires.
Cependant, il faut bien commencer par un bout et le premier recueil : L'avènement des Robots est un bon début pour se plonger dans une nouvelle vision de notre futur aux côtés de nos machines.
10 textes sont prévu pour ce premier recueil. Ils ne sont pas indépendants.
Leur but est aussi de vous amener à réfléchir sur ce que vous attendez des Robots, pourquoi on peut finir par avoir peur d'eux. Car même si ce ne sont que des histoires sorties de mon imagination, si jamais nous nous retrouvons face à ces situations, quels seront alors nos choix ?
15 janvier 2006
Le Retour des PCR et DCR
Il y en a qui n'ont peut-être jamais lu de Chroniques Robotiques. (Note inutile de moi : C'est quand même une honte !) Rassurez-vous, vous n'avez besoin de rien pour lire ce blog ci. Je vais reprendre les bases.
Maintenant, ceux qui ont eu le plaisir (Note inutile de moi: l'immense joie, l'honneur suprême !) de lire la PCR et la DCR sur CubeArea, ne ralez pas trop vite. Je vais effectivement remettre la Première Chronique Robotique et la Deuxième mais... corrigées. Je ne parle pas que des fautes d'orthographes ! Certains points maladroits ont été revus et améliorés. Bien sûr vous pouvez trouvé ca complétement inchangé, ou encore plus nul (Note inutile de moi : Attention ! Le premier qui me sort ça je lui crame son pc de mon canapé.) Donc j'attends vos commentaires de félicitations et de louanges. (Note de inutile de moi : Parfaitement ! Des éloges !)
PCR : Première Chronique Robotique
« Les Trois Lois de la Robotique :
Première Loi :
Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger.
Deuxième Loi :
Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradictions avec la Première Loi.
Troisième Loi :
Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’est pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »
Isaac Asimov
Linda n’en pouvait plus. Cela faisait bien 4 heures qu’elle tournait et retournait ces quelques phrases célèbres dans sa tête, afin d’en tirer la meilleure des formulations. Même si elle reconnaissait volontiers le génie de son auteur, elle doutait qu’il soit possible de passer de la science-fiction au réel. On avait exigé d’elle, une roboticienne fraîchement sortie de l’académie, de trouver un « moyen » d’utiliser le « patrimoine littéraire » pour en un faire un programme réel dictant le comportement des nouveaux robots de La Compagnie. Elle se pestait encore dessus, se traitant d’idiote, regrettait amèrement à ce moment là d’avoir accepté ou plutôt de s’être laisser séduire par le jeune et beau directeur adjoint. « Vous ferez parfaitement l’affaire Mademoiselle Linda, je peux vous appeler Linda ? Nous croyons en vos capacités. » Et il avait posé ses mains sur ses épaules la faisant sursauter et plongé son regard dans le sien. Elle se souvenait d’avoir rougit comme une tomate et d’avoir murmuré un « d’accord » timide.
Elle se retrouvait maintenant entourée de tous les bouquins possibles et inimaginables traitant des robots depuis le commencement de la SF. Elle devait bien l’avouer, les ouvrages Asimov à ce sujet était très intéressant. Les Trois Lois de la Robotique pourraient bien servir de base aux nouvelles IA actuelles. Encore fallait-il traduire tout ça, et dans quel langage d’abord ? Linda froissa une feuille avec rage et visa négligemment la corbeille à l’autre bout de la pièce. La boule de papier atterrit lamentablement à un mètre de son objectif, comme toutes ses sœurs avant elles. Au diable la Compagnie et ce cher Stanley ! Qu’ils le fassent eux-mêmes leur programme à la noix ! Elle s’en sentait incapable. Il fallait toujours que ça tombe sur elle ces histoires de fous. Elle se souvînt de la fois où un professeur de l’Académie lui avait demandé son aide pour reprogrammer le chien robot de sa fille afin qu’il morde avec ses misérables dents en plastiques le futur gendre de celui-ci. Elle s’était exécutée, de peur de fâcher son professeur, et assez maladroitement en plus, le chien voulait maintenant mordre tout le monde et souvent la belle mère ce qui n’était pas aussi dramatique que ça en fin de compte. Cela lui avait valu 2 nuits blanches et sûrement le 17/20 en programmation lors du concours. Et c’était sûrement à cause de cette trop bonne note qu’aujourd’hui on lui donnait cette tâche stupide.
Au moins, son salaire n’avait pas été un soucis pendant toute sa période lecture, il avait même légèrement augmenté. Mais maintenant on lui demandait des résultats et elle n’en avait aucun de convaincant. Elle maudit son ancien professeur et ce maudit chien en ferraille incapable de reconnaître un… Elle se figea. Comment avait-elle fait pour essayer de l’inciter à mordre une seule personne en particulier ? Elle n’y était pas parvenue, le chien mordait tout le monde, ou plus exactement tous les êtres humains. Mais oui…Approchait-elle d’une solution ? Linda essaya de se souvenir des grandes lignes de son vieux programme. En avait-elle gardait des copies ou des brouillons ? Pas ici, c’était certain. Sûrement sur le disque dur de son ex-PC, rangé dans le grenier de ses parents à 500km d’ici. Linda soupira de désespoir et ce dit finalement qu’elle devait délirer ; elle était loin d’être une roboticienne de génie, elle avait du se battre pour obtenir un poste à La Compagnie et redoubler d’efforts pour qu’on lui confie un travail digne d’elle. Elle avait eu à peu près ce qu’elle voulait exception faîte qu’elle était incapable de résoudre une telle situation. C’est vrai qu’elle avait cherché à attirer aussi l’attention sur son travail, elle avait pris de grands airs pour se distinguer des autres, mais elle ne s’était pas attendu à cela ! Elle avait l’impression qu’on s’était moqué d’elle, qu’on l’avait surtout prise pour une idiote et elle en était en partie responsable. Elle froissa une autre feuille et cette fois, sa colère la rapprocha de 20 cm de son objectif poubelle. Linda était l’une des rares ingénieurs qui préférait encore travailler sur papier avant de passer sur un support informatique, car l’ordinateur aussi perfectionné soit-il n’égalera jamais, selon elle, la liberté d’un crayon et de quelques pages blanches.
Linda se massa lentement les tempes. Il ne lui restait plus qu’à déclarer forfait, avouer son incapacité devant tout les autres roboticiens, présenter sa lettre de démission et finir sa vie à étudier la reproduction des lézards arctiques atrophiés. Ou bien à appeler ses parents. Elle prit soudain le téléphone. Elle aurait bien voulut l’éviter ; quelques tensions familiales qu’il n’était jamais bon de titiller lui en empêché en tant normal, mais entre un avenir reptilien et une chance infime de réussir il n’y avait pas trop à réfléchir. Il était fort tard, 2h35 exactement, et elle s’attendait à de cuisants reproches de la part de sa mère. Mais les lézards c’est vraiment chiant. Quelqu’un finit par décrocher et murmura d’une voix endormie un petit « allo ». C’était sa mère.
-Bonsoir maman, je suis désolée de te déranger si tard mais c’est vraiment urgent. Il faudrait que tu ailles au grenier chercher mes cours de l’Académie.
-Quoi ?!
-Je t’en prie.
-J’espère que c’est vraiment urgent Linda !
Linda n’aimait pas supplier ses parents. Et sa mère le savait bien, celle-ci comprit donc l’importance de la situation même si elle ne savait de quoi il s’agissait. Linda attendait impatiemment que sa mère monte l’escalier menant au grenier, se retenant de l’encourager à se dépêcher.
-Ton père et moi, voudrions te voir plus souvent, ma chérie. Que dirais-tu de venir manger à la maison dimanche ? Linda s’aperçut qu’elle ne pouvait refuser, et si elle devait sacrifier un week-end pour avoir ses précieuses informations, elle y consentait sans la moindre hésitation.
-D’accord.
-Je t’envoie tout ça par le Réseau ?
Sa mère venait retrouver le carton et récupérer le précieux petit disque contenant les travaux de Linda à L’Académie.
-Ca serait génial maman. Merci beaucoup.
Après avoir raccroché fébrilement, Linda se rua sur son ordinateur et ouvrit le dossier CHIEN. Comment avait-elle fait pour passer à coté ? Son programme à priori imparfait constituait la base d’une identification subtile d’un être humain par un robot. L’échec du ciblage individuel l’ayant frustré, elle avait fini par tout envoyé en l’air. Linda retravailla quelques lignes, en effaça d’autres pendant une petite heure. Elle avait du mal à croire qu’elle avait réussit un tel exploit : traduire en langage informatique la Première Loi de la Robotique d’Asimov. Elle s’arrêta enfin, satisfaite, s’étira en pensant aux multiples horizons qu’offrait sa découverte. Plus besoin de surveiller constamment chaque IA nouvellement crée de peur de rentrer dans un scénario catastrophique à la Matrix. Mais elle voyait aussi d’un autre côté que si elle, elle voulait retranscrire des « bonnes lois » , il y en avait certains sur Terre qui ne sauraient pas aussi « gentils ». Elle enregistra et quitta en baillant. Elle avait besoin de dormir avant de réfléchir sérieusement à tout cela. Et c’est en sifflotant gaiement qu’elle se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche avant d’aller se coucher.
Garés dans une berline noire quelques étages plus bas, trois hommes avaient attendu que toutes les lumières se soient éteintes.
« Que faisons-nous professeur ? demanda le conducteur.
-Elle a retrouvé son programme et nous ne pouvons laisser La Compagnie s’en emparer. Continua l’homme à la place du mort, un ordinateur portable sur ses genoux.
-Vous en êtes bien sur ? On ne peut se permettre une bavure. Répondit le professeur à l’arrière.
L’autre acquiesça.
« C’est bien dommage, Linda était exceptionnelle. Heureusement que j’ai pu la repérer et la surveiller avant que la Compagnie s’aperçoive réellement de son potentiel. Ses découvertes auraient pu bouleversé l’équilibre.
-Nous intervenons maintenant ?
-Oui, allez-y. Et brûler son appartement, rien ne doit rester.
Deux portières claquèrent dans la rue noire. Les deux hommes s’éloignèrent en silence tels des ombres, tandis que le troisième, le professeur, souriait tristement alors qu’un petit chien automatisé lui plantait ses dents en plastique dans la paume de sa main.
16 janvier 2006
DCR : La Deuxième Chronique Robotique
Le grésillement des transformateurs mis sous tension fit frémir d’excitation les deux jeunes roboticiens. Ce soir marquerait pour eux la fin d’une ère de recherches et de tâtonnements et le début d’une ère de gloire et de richesse. Du moins, c’est ce que pensait de tout son être Marc. Simon, son collègue quant à lui n’y avait vu qu’un jeu dangereux, un passionnant passe temps risqué à cause des « emprunts » dans les fabriques de la Compagnie. Mais ce soir, leur création, leur premier prototype entièrement original des programmes de déplacements jusqu’au corps métallique, allait enfin prendre vie.
Marc s’était plutôt consacré à tout ce qui touchait la programmation tandis que Simon s’était occupé du « corps ». Ce dernier avait tenu à ce que Kurt (ils avaient décidé de L’appeler ainsi) ressemble le plus possible à un être humain. Il avait pour cela dérober pratiquement au péril de sa « vie professionnelle » deux globes oculaires dernier cri, sans parler d’autres articles plus complexes à décrire mais tous aussi importants pour la réalisation d’un corps artificielle inoxydable proche de celui d’un être humain.
-Que va-t-il pouvoir nous dire en premier ! S’exclama Simon.
-Normalement un « Bonjour ». On va bien voir ce que donne ma structure informatique. Répondit Marc en souriant. Il ne quittait pas des yeux les lignes de codes sur son ordinateur portable. Simon regardait avec amour le petit corps argenté de la taille d’un enfant de 8 ans. C’était presque comme un « fils » pour lui ; malgré les quelques fils étranges qui débordaient au niveau de la taille.
« Allez c’est parti, j’entre les dernières corrections, ça va être à toi de jouer Kurt ! »
Tout était prêt. Quelques longues secondes d’angoisse suivirent après le dernier « enter ». Puis, comme dans un rêve, enfin Ses yeux bougèrent.
Bonsoir. Les deux roboticiens demeurèrent pétrifiés un instant. La voix était caverneuse et c’est sûrement parce qu’elle leur était familière –Simon s’était enregistré- qu’ils ne bronchèrent pas pendant plusieurs minutes. Puis la surprise fit place à la joie. « C’est incroyable, il a analysé an en milliardième de seconde qu’il faisait nuit pour nous saluer de la meilleur manière ! » S’enthousiasma Simon. Marc acquiesça en souriant.
« Bonjour Kurt, moi c’est Simon et là c’est Marc. » Il avait parlé comme on parle à un enfant de 4 ans. Le robot tourna la tête lentement vers Marc et revint sur Simon.
« Peux-tu exécuter quelques mouvements Kurt s’il te plait. »Continua Simon. Le petit robot fit un pas et leva un bras. Marc sourit davantage.
« La synchronisation est parfaite. Très beau travail Simon, il fonctionne parfaitement.
-Toi aussi tu as ta part de mérite. Sans ton travail et ton génie rien ne pourrait faire bouger un tas de ferraille pareil. » Marc le regarda les yeux brillants puis ils éclatèrent de rire tous deux au même moment.
« C’est bon Kurt, tu peux baisser le bras » Réussit à articuler Simon. Le robot s’exécuta. Puis fit encore quelques pas. Marc. Simon. Les deux finirent par s’arrêter de pouffer pour se tourner vers ce dernier.
-Qu’ y a-t-il Kurt ? Demanda Simon avec un sourire bienveillant.
-Où est Linda ?
-Qui ? S’étouffa Marc dans un murmure.
Plus de sourires. Stupéfaction. Simon pensa d’abord à une blague de la part de son ami mais celui-ci était aussi très surpris. Pouvait-il s’être trompé ? C’était un nom de femme. Une de ses ex ? Une amie ? Ou un grave défaut de conception ? Impossible, Marc était le meilleur. Il ne pouvait que l’avoir fait exprès. Mais quoi alors ? Il s’apprêtait à l’interroger lorsque Marc se mit à parler avec une voix tremblante au robot.
« -Il n’y a pas de Linda, Kurt. Le robot le fixa un instant avec ses yeux globuleux puis répéta où est Linda ?
-Mais qu’est ce qu’il lui prend ? Demanda Simon soudain angoissé.
-Ecoute Kurt, Linda n’existe pas.
-Mais enfin c’est quoi cette histoire ?
-Calme toi Simon, c’est un reste d’un ancien programme que je pensais avoir effacé.
-Que tu pensais ? Mais t’es malade ! On ne fait pas de la Robotique comme on fait du bricolage dans son garage. S’il est persuadé que Linda existe, je te laisse deviner ce qu’il pourrait aussi croire !
-Ce n’est rien, je t’assure…
-Où est Linda ?
-Parce que t’appelle ça rien, toi ? Il ne t’écoute même pas.
-Ok ok, on va tout recommencer calmement Simon…
-TU vas tout recommencer Marc, moi j’ai fait mon boulot. C’est toi qui as merdé.
-Où est Linda ? »
Un long silence suivit. Simon faisait les cent pas dans l’atelier faiblement éclairé. Seuls l’écran du portable de Marc et une petite lampe de bureau tourné vers le robot diffusaient une faible lumière. Le reste du bâtiment était désert. Les deux roboticiens attendaient bien évidement d’être entièrement seuls pour se livrer à leur petit jeu. Car il faut bien l’avouer, Marc et Simon n’auraient jamais pu concevoir un robot légalement au sein de La Compagnie. Leur intelligence et leurs capacités avaient été jugées insuffisantes pour occuper véritablement un poste de Roboticien-Créateur. Ils étaient chargé tous deux de la réparation des robots produits et commercialisés par la Compagnie et corriger ainsi leurs défauts. Marc se massait lentement les tempes du bout des doigts.
« -Très bien tu veux vraiment savoir ce qui se passe ? » Reprit Marc. Simon se figea et acquiesça de la tête. « Voila, la base de ma structure de programmes n’est pas de moi. C’est une certaine Linda qui l’a crée. » Simon écoutait, abasourdi. « Cette dernière est morte il y a deux ans environs dans l’un incendie de sa maison. On a rapporté les restes de son ordinateur et j’ai été chargé de retrouver certains fichiers très importants ou confidentiels. C’est là que j’ai trouvé et reconstitué le programme de Kurt. En l’améliorant bien sûr.
-Tu veux dire qu’on utilise le travail d’une autre ? T’es vraiment qu’un salaud Marc ! C’est dégueulasse, je suis pas un misérable voleur qui pense qu’au fric.
-Tais-toi ! J’en ai besoin moi de ce fric. Je m’en tape complètement de ce que tu peux penser.
-Tu t’en tapes ? Ben voyons, regarde le résultat ! Tu ne sais pas comment régler le problème. T’as finalement aucun contrôle sur cette chose, et personne ne sera dupe. Assez jouer. Je me tire, tu me dégoûtes. T’a foutu deux ans de boulot et de confiance en l’air avec tes conneries. Adieu. » Simon pivota rageusement et se dirigea vers la porte.
« -Tu fais une grosse erreur ! Hurla Marc dans son dos. Vraiment grosse, tu sais pas ce que tu vas perdre mon vieux. » Le coup de feu retentit comme une insulte au silence régnant à quatre heures du matin. Simon s’étala parterre, gémit de douleur (ou bien était-ce de la surprise) quelques instants avant de s’éteindre baigné de son sang.
« -Je t’avais prévenu, je t’avais prévenu… » Répétait Marc. Il tourna la tête vers l’objet du meurtre. Marc se figea. Kurt avait disparu. Il se leva d’un bond. « Kurt ? Kurt ! » Appela-t-il désespérément. Soudain l’obscurité devint plus menaçante. Il tendit à nouveau son revolver devant lui.Vous avez tué Simon. Vous l’avez tué. La voix caverneuse du mort le fit frémir. Elle semblait provenir du couloir. Marc ne l’avait absolument pas entendu se déplacer. Vous n’aviez pas le droit de le tuer. Vous n’aviez pas le droit. Marc se mit à suer. Il se précipita dans le couloir. Trop sombre. Il alluma la lumière. Les néons se réveillèrent un à un. Personne. Je n’ai pu empêcher ça. Je n’ai pas pu aider. La voie était de plus en plus lointaine. Pardon Linda. Pardon. Marc se mit à courir. Arrêter Kurt devenait une priorité plus qu’urgente. Les couloirs s’illuminaient sur son passage mais toujours personne. Il déboucha dans une vaste salle. C’était l’atelier principal. Il vit enfin Kurt, immobile au milieu de la pièce.
« -C’est fini Kurt, tu ne bouges plus. Dit Marc en maîtrisant les tremblements de sa voix dus à sa course mais aussi à sa peur. Il s’approcha et s’aperçut que Kurt ne fonctionnait plus. Mais enfin, pourquoi…comment est-ce que tu t’es arrêté ? »
-C’est simple, c’est moi qui l’ai éteint.
Marc sursauta, une forme disparut dans l’ombre d’un mur. Il pointa son arme dans sa direction.
-Que…Qui êtes vous ?
-Et vous savez pourquoi ? La voix venait de derrière et Marc se retourna d’un bond, c’est pour qui me laisse faire tranquillement ceci. Deux balles perforèrent en silence le dos de Marc. Il n’eut même pas le temps de sentir la douleur due sa chute. Un homme armé d’un silencieux sortit de l’ombre tandis qu’une femme s’agenouillait devant Kurt.
« -Mon pauvre petit robot, tu dois encore demeurer un secret, quoiqu’il en coûte.» Dit-elle tout en réactivant ce dernier. La seule chose qu’il prononça alors ne fut pas un bonjour ou un bonsoir mais un Linda.
15 février 2006
TCR : Troisième Chronique Robotique
-Allo Stanley ? C’est Dick.
-Salut, comment vas-tu depuis ta dernière raclée au golf ? Tu veux prendre ta revanche je paris ! A moins que tu cherches encore de petites coquines ?
-Non, Stan. C’est pas ça. Je t’appelle de l’Atelier.
-Ah ?! Tu as encore du retard dans la production ? Je sais bien qu’on de bons potes, mais je peux pas continue à sauver ta peau au Conseil d’Administration de La Compagnie.
-Oui, je sais, merci de me le rappeler. Mais ce n’est pas ça non plus. C’est grave Stan. Et je commence sérieusement à me poser des questions.
-Qu’est ce qui se passe ?
-Il se passe que ce matin que ce matin, quand je suis entré dans mon bureau, y avait deux types assis à m’attendre…
-Ouais et alors ?
-Mais laisse moi finir bordel ! C’est deux types, tu vois, ils avaient les yeux grands ouverts et étaient aussi froids qu’un iceberg…
-Quoi ?!
-C’était deux cadavres dans mes beaux fauteuils en cuir Stan ! Je sais pas comment ils sont arrivés là. La Vidéo Surveillance a été déconnectée pendant quatre heures cette nuit.
-T’as prévenu la Police ?
-Me prends pas pour un débutant non plus ! Je sais bien qu’on peut pas trop se permettre ce genre d’incident en ce moment, on nous fait déjà assez de pub…
-T’as prévenu le Chef de la Sécurité ?
-Justement, j’en viens. Ce type, je l’aime pas. C’est un vrai parano. Rien que l’idée d’entendre sa voix me fait plus froid dans le dos que mes deux copains de ce matin. Et puis tu es Directeur Adjoint, il te dira rien toi.
-Très bien, très bien. Je l’appelle et je lui dit de se rendre tout de suite sur place pour nettoyer et enquêter.
-Merci Stan, t’es vraiment un pote.
-Et au fait, c’était qui les deux types ?
-Hum…Un certain Marc je sais plus quoi et…
-Simon ?!
-Heu… Oui il me semble…
-MERDE.
-Tu les connaissais ?
-Je te rappellerais.
Stanley raccrocha crispé. Ainsi Ils continuaient leurs « actions ». Et c’était pas bon pour la Compagnie. Mais surtout pour lui. Il espérait garder son poste bien plus longtemps que ses imbéciles de prédécesseurs. Ils avaient défilé les années, les mois précédents, renvoyés pour fautes professionnelles, défauts de compétences, graves maladies…etc. Il frissonna. Il saisit brusquement à nouveau son téléphone, se réveillant soudain d’un cauchemar :
-M Smith ? Ici Stanley. Nous avons un problème.
-Je vous écoute Monsieur.
-Je voudrais que vous vous rendiez immédiatement à l’Atelier. Ils nous ont encore attaqué et nous provoque ouvertement cette fois-ci. Mettez un peu d’ordre dans tout ça, ces évènements deviennent trop fréquents et particulièrement désagréables. Vous avez carte blanche. Faîtes tous ce qu’il faut pour enterrer cette histoire définitivement.
-Bien Monsieur.
-J’attends votre rapport.
Stanley coupa la conversation sans attendre de réponse. Il se refusa à imaginer comment cet homme allait s’y prendre pour régler cette affaire sans attirer l’attention. Il n’y était pour rien lui après tout si la Police venait à…Stanley se laissa aller en arrière dans son fauteuil et se recala confortablement pour réfléchir. Le Directeur de la Compagnie était certes très vieux et très malade mais loin d’être stupide. Il fallait qu’il gagne à tout prix sa confiance à travers sa ravissante secrétaire peut-être…Mais se rallier à lui c’était se rallier à ses magouilles et prendre le risque d’être mêlé à de sales histoires. Pourquoi pas jouer double jeu ? Il repensa à M Smith, toujours en noir, teint laiteux et froid. Valait mieux être derrière cet homme que devant lui. Il soupira. Va pour le vieux et son conseil d’administration de tarés. Mais sa conscience le tiraillait. Ils avait appris de choses qui ferait frémir les plus pourris de ce monde, en partant du flic au politique véreux en passant par les utopistes de sociétés idéales. Il savait qu’on le prenait pour un jeune ambitieux prêt à tout mais à vrai dire c’était un peu ce qu’il était. Tant qu’il avait un bon salaire, de belles filles et de belles voitures Stanley se posait peu de questions. Mais cette histoire d’Académie devenait un peu énorme et des gens y restaient. Les pressions commerciales et politiques ne semblaient pas gêner cette entreprise. Jusqu’où cela irait-il ? Ces gens étaient-ils à la solde de concurrents ? Des idéalistes ayant découverts la vérité ? Et lui-même, était-il au courant de tout ? Bien sûr que non, par exemple cette liste. Une liste de noms, de personnes travaillant à tous les niveaux de la Compagnie, qu’il faut à tout prix surveiller étroitement, protéger à tout prix. Pourquoi ? Mystère, en tout cas elles en avaient besoin car toutes celles décédées à ce jour dans des conditions étranges, Marc et Simon compris, faisaient parti de cette liste.
Le téléphone sonna soudain. Stanley sursauta. Il décrocha rapidement.
-Monsieur Stanley Graps ?
-Oui...
-Ici, la secrétaire du Directeur. Il aimerait vous voir.
-Tout de suite ?
-Oui, c’est urgent il a dit. Il vous attends avec M. Smith.
-Je… J’arrive.
Stanley eut une sueur froide. Qu’est ce qu’on lui réservait encore ? Il voulait juste être pépère tranquille. Pas d’embrouilles ou de coups tordus. Il quitta son bureau avec regrets et espérait le revoir un jour.